VIH et SIDA : les chiffres en 2018

Oct 26, 2019 par

Dans son bulletin du 9 octobre, Santé publique France publie les dernières données disponibles sur le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et le SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise) dans l’Hexagone. Focus sur ces chiffres.

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 Une séropositivité VIH en baisse de 7%

En 2018, 6155 personnes ont découvert leur séropositivité VIH en France. C’est 7% de moins que l’année 2017. Cependant, selon Santé Publique France “cette diminution très récente devra être confirmée avec le recul d’une année supplémentaire”.

La prévalence de la séropositivité est très hétérogène en France et les régions les plus touchées sont la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique, Mayotte et l’Ile de France.

En France, les personnes ayant découvert leur séropositivité en 2018 ont pour 13% d’entre elles moins de 25 ans, 64% ont entre 25 et 49 ans et 23% ont plus de 50 ans. La découverte d’une séropositivité concerne majoritairement les hommes (65%).

Diminution de la séropositivité chez les personnes nées en France

Sur la totalité des 6155 personnes ayant découvert leur séropositivité VIH, la transmission par rapports hétérosexuels représente 56% des diagnostics, 40% par rapports sexuels entre hommes, 2% par usage de drogues injectables et 2% par un autre mode de transmission.

Les populations chez qui la découverte de séropositivité est restée stables sont des femmes nées à l’étranger, des hommes ayant des relations sexuelles entre hommes (HSH) nés également à l’étranger.

Par conséquent, Santé Publique France précise que “ce sont des populations pour lesquelles une attention particulière doit être portée”.

La diminution des découvertes de séropositivité chez les personnes nées en France – hétérosexuel(le)s et HSH (-16% au global) – observée depuis quelques années, se poursuit en 2018. Cependant, chez les HSH nés en France et âgés de plus de 50 ans, on observe une hausse de la découverte de la séropositivité VIH.

La diminution observée peut s’expliquer par:

  • Une baisse du nombre de personnes vivant avec le VIH et ignorant leur séropositivité;
  • Une diminution de l’incidence du VIH depuis plusieurs années, qui pourrait être expliquée principalement par une conséquence du TASP (« treatment as prevention » ou “traitement comme outil de prévention”) et pour les HSH par l’impact de la prophylaxie préexposition.

A Savoir ! Le TASP consiste, pour la personne séropositive, à prendre des médicaments antirétroviraux précocement afin de réduire sa charge virale (quantité de virus dans l’organisme) et ainsi de réduire le risque de transmission du VIH. La prophylaxie préexposition est un moyen par lequel une personne séronégative qui court le risque de contracter le VIH peut réduire son risque d’infection en prenant des médicaments antirétroviraux.


Diagnostics de SIDA en baisse de 24% par rapport à 2013

En 2018, en France, le nombre de diagnostics de SIDA est de 1205 cas, soit une diminution de 24% entre 2013 et 2018.

63% de ces personnes ignoraient leur séropositivité et n’ont donc pas pu suivre des traitements antirétroviraux avant le développement du SIDA).

La part des pathologies inaugurales multiples du SIDA est en augmentation de 12 % depuis 2013 et représente 18% des diagnostics en 2018.

Les pathologies inaugurales les plus fréquentes sont la pneumocystose (une forme de pneumopathie), la candidose œsophagienne (infection fongique), la tuberculose pulmonaire, le Kaposi (tumeur vasculaire), la toxoplasmose cérébrale et les lymphomes.

Enfin, en 2018, sur les 6155 diagnostiqués avec une séropositivité VIH, 1700 ont été diagnostiqués à un stade avancé de l’infection.

Même si cette proportion reste stable par rapport aux années précédentes, il faut renforcer les efforts de dépistage.

Ce diagnostic tardif est “une perte de chance individuelle pour les personnes tout en favorisant la diffusion du VIH avant leur mise sous traitement”.

Julie P., Journaliste scientifique

– VIH/sida : données 2018 sur les découvertes de séropositivité VIH et diagnostics du sida. Santé Publique France. Consulté le 22 octobre 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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