bilan-urodynamiqueUn bilan urodynamique est un examen médical composé de plusieurs tests permettant de mesurer les volumes, les pressions et les débits urinaires dans le but de déterminer l’origine d’une incontinence urinaire lorsque les divers examens (cliniques, imageries, biologiques) n’ont pas permis de la comprendre. Parfois, il comprend également la mesure de l’activité électrique du périnée.

Définition et objectif d’un bilan urodynamique

L’incontinence urinaire, couramment appelée « fuite urinaire » se définit comme étant un écoulement involontaire des urines par l’urètre. En effet, l’urine est produite par le rein et s’écoule dans la vessie via deux conduits appelés uretères. Une fois un certain volume atteint, les muscles de périnée et le sphincter de l’urètre se contractent afin d’empêcher l’écoulement d’urine. Ainsi, en situation normale, ces derniers se relâchent que lorsque l’individu décide d’uriner. Les fuites urinaires peuvent être liées à un effort, à une hyperactivité de la vessie ou aux deux. Ce trouble est fréquent dans la population puisqu’il concerne au moins 2,6 millions de personnes âgées de plus de 65 ans.

Un bilan urodynamique permet de mieux comprendre le fonctionnement de la vessie et de son sphincter. Il repose sur l’enregistrement des volumes, pressions et débits urinaires. La mesure de l’activité électrique des muscles du périnée est également possible. Ce type d’examen est demandé lorsque le médecin n’a pas pu mettre en évidence d’anomalie de la vessie lors de l’examen clinique ou autres examens simples comme une radiographie ou échographie.

Il peut être prescrit avant une opération pour incontinence urinaire ou en cas d’échec des traitements instaurés, pour analyser certaines anomalies complexes de la vessie ou pour étudier les anomalies de la vessie et de son sphincter d’origine nerveuse.

Précautions et préparation

Le bilan urodynamique se déroule à l’hôpital, en ambulatoire et sans anesthésie. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.

Avant d’effectuer l’examen, le médecin s’assure de l’absence d’infection urinaire non traitée, auquel cas le bilan doit être reporté.

Muni de sa dernière ordonnance, le patient doit signaler au personnel médical les médicaments qu’il prend (certains peuvent modifier les résultats). Il doit également leur indiquer toute allergie connue ainsi que l’éventuelle présence d’une valve cardiaque artificielle.

Au début de l’examen, il est demandé d’uriner. Il faut donc que le patient arrive avec la vessie suffisamment remplie, sans toutefois qu’elle soit complètement pleine. Il est conseillé de s’abstenir d’uriner au moins 1 heure avant le bilan.

Déroulement de l’examen

Le médecin commence par interroger son patient sur son passé médical et les symptômes ressentis. Il termine avec un examen clinique du périnée.

L’examen en lui-même dure entre 30 minutes et 1 heure et se décompose en trois partie : la débimétrie, la cystomanométrie et la profilométrie urétrale.

La débimétrie mesure la puissance du jet urinaire et le volume d’urine émise. Pour cela, le patient prend place dans des toilettes spéciales et urine normalement.

La cystomanométrie est l’enregistrement des pressions de la vessie lorsqu’elle se remplie. L’examen peut être réalisé en position allongée, assise ou gynécologique. Une sonde très fine est placée dans la vessie via le méat urinaire (ou orifice urinaire) par laquelle de l’eau stérile est envoyée dans la vessie pour mimer son remplissage. La pression lors du remplissage est mesurée simultanément. Parfois, une petite sonde est également placée dans le rectum via l’anus afin de mesurer l’activité électrique du périnée. L’examen bien qu’il soit désagréable n’est pas douloureux. Il entraîne une légère gène et il est nécessaire de se décontracter un maximum. Pendant toute la durée de l’examen, le patient doit signaler ce qu’il ressent : besoin léger d’uriner, besoin normal, besoin douloureux, envie pressante, etc.

La profilométrie urétrale est l’analyse du sphincter urinaire. Lors de cette phase, la sonde urinaire est progressivement retirée pour évaluer l’activité du sphincter. Il est recommandé de se détendre le plus possible, de ne pas parler ni bouger durant cette étape.

Suites de l’examen

Après l’examen, le patient peut ressentir une irritation au niveau de l’urètre et de la vessie suite au passage de la sonde. Parfois, des gènes voire brûlures peuvent être ressenties lorsque le patient urine le jour même ou le lendemain de l’examen. Il est conseillé de boire beaucoup (1,5 à 2 litres par jour) afin de « nettoyer » la vessie.

En cas de saignements, de fièvre, de difficultés à uriner, de brûlures persistantes, de douleurs ou d’odeur forte des urines, il faut consulter son médecin. Dans de rares cas, une infection urinaire peut survenir après l’examen.

Charline D., Pharmacien

– Examen urodynamique. Association française d’urologie. Consulté le 8 novembre 2017.
– Incontinence urinaire. Ameli. Le 28 mars 2017.