Syndrome de Cushing

25 février 2021 par

Des reins pour montrer le Syndrome de Cushing

Le syndrome de Cushing est une maladie rare qui affecte entre 1 à 3 personnes sur 1 million par an. En réalité, ce terme regroupe plusieurs atteintes qui ont en commun d’engendrer un excès de cortisol. Le syndrome de Cushing est caractérisé par une obésité de la face, du cou et du tronc, une fragilité cutanée et une atrophie musculaire avec fatigue. Ces symptômes sont souvent associés à une hypertension artérielle ou un diabète. Le diagnostic est confirmé par des dosages hormonaux sanguins ou urinaires, et des examens d’imagerie. Le traitement dépend de la cause du syndrome, il peut être médicamenteux ou chirurgical.

Définition et symptômes du syndrome de Cushing

Qu’est-ce que le syndrome de Cushing ?

Le terme de syndrome de Cushing regroupe l’ensemble des causes responsables d’un excès de cortisol.

Le syndrome de Cushing est une maladie rare qui affecte entre 1 à 3 personnes sur 1 million par an. En France, environ 130 individus sont diagnostiqués chaque année. Dans la majorité des cas, l’origine de l’affection est inexpliquée. En effet, aucun facteur génétique ou environnemental n’a été mis en évidence à ce jour.

L’hypophyse est une petite glande localisée dans le crâne, juste en dessous du cerveau, qui produit une hormone : la ACTH (Adreno cortico tropic hormone ou hormone corticotrope en français). Cette dernière est responsable de la production de cortisol par les glandes surrénales présentes au niveau de l’abdomen, juste au-dessus des reins.

Les symptômes du syndrome de Cushing

Il existe plusieurs grandes causes responsables d’un syndrome de Cushing :

  • L’excès de production d’ACTH ;
  • Un dérèglement de l’une des glandes surrénales ;
  • Un dérèglement des deux glandes surrénales.

  • 1 – L’excès de production de l’ACTH

Parmi les syndromes de Cushing causés par un excès de production d’ACTH, on distingue : la maladie de Cushing et la sécrétion d’ACTH par une tumeur.

À savoir ! Il faut bien différencier syndrome de Cushing qui désigne toutes les causes confondues d’excès de cortisol, et maladie de Cushing qui fait référence aux tumeurs hypophysaires causant un excès d’ACTH

La maladie de Cushing porte le nom du chirurgien américain qui l’a décrite en 1912. C’est la cause la plus répandue d’excès de cortisol. La maladie de Cushing est une tumeur hypophysaire bénigne qui produit trop d’ACTH, et qui conduit à une production trop importante de cortisol par emballement des surrénales. Cette maladie affecte les enfants et les adolescents, plus volontiers les garçons, et les adultes, dans ce cas plutôt des femmes autour de la quarantaine. L’origine du trouble est inconnue.

Dans d’autres cas, l’excès d’ACTH est engendrée par une tumeur située dans un autre organe que l’hypophyse. Ce qui entraîne également un emballement des surrénales qui produisent alors trop de cortisol. Les tumeurs concernées sont essentiellement localisées dans les poumons, mais elles peuvent aussi se développer dans le pancréas ou la thyroïde.


  • 2 – Dérèglement de l’une des glandes surrénales

Le syndrome de Cushing peut être provoqué par le dérèglement de l’une des 2 glandes surrénales échappant au contrôle de l’hypophyse et de l’ACTH. Le taux sanguin d’ACTH est très faible.

Deux causes peuvent être à l’origine de ce dérèglement : un adénome corticosurrénalien ou un cancer corticosurrénalien (ou corticosurrénalome).

Un adénome corticosurrénalien est une tumeur bénigne qui se développe sur l’une des surrénales.

Un corticosurrénalome est un cancer de l’une des surrénales à l’origine d’un excès de cortisol, de DHEA (précurseur de la testostérone chez l’homme et des œstrogènes chez la femme), d’aldostérone (hormone essentiellement impliquée dans le contrôle de la pression artérielle) et des hormones surrénaliennes.


  • 3 – Dérèglement des deux glandes surrénales

Le syndrome de Cushing peut être provoqué par le dérèglement des 2 glandes surrénales échappant au contrôle de l’hypophyse et de l’ACTH. Le taux sanguin d’ACTH est très faible.

Il existe deux causes à ce dérèglement : l’hyperplasie macronodulaire bilatérale des surrénales et la dysplasie micronodulaire pigmentée.

L’hyperplasie macronodulaire bilatérale des surrénales est caractérisée par une augmentation du volume des glandes qui comportent plusieurs tumeurs bénignes et produisent du cortisol en excès.

La dysplasie micronodulaire pigmentée des surrénales est caractérisée par la présence de multiples petites tumeurs bénignes sur les glandes. Cette affection peut être d’origine génétique.

Quels symptômes ?

L’excès de cortisol qui caractérise le syndrome de Cushing peut entraîner divers symptômes d’installation progressive.

Les manifestations les plus caractéristiques sont physiques :

  • Prise de poids au niveau du visage et du haut du corps. Le visage du patient s’arrondit, et il prend du ventre ;
  • Fragilité de la peau. L’aspect de la peau est modifié, on note la présence de bleus, d’hématomes, de vergetures rouges, de rougeurs et de difficultés de cicatrisation ;
  • Perte musculaire. La fonte musculaire est prédominante au niveau des cuisses. Le patient manque de force et peine au moindre effort physique ;
  • Fractures plus fréquentes. Elles surviennent pour des traumatismes minimes voire spontanément.

D’autres manifestations peuvent être présentes : hypertension artérielle (HTA), diabète, phlébite ou embolie pulmonaire, infections à répétition, irrégularité des règles voire aménorrhée, diminution de la libido.

Des symptômes psychologiques sont également très souvent associés : troubles du sommeil, difficultés de concentration, irritabilité ou dépression.

Les enfants souffrant d’un syndrome de Cushing souffre d’un retard de croissance.

A noter ! L’évolution spontanée du syndrome tend vers l’aggravation progressive.

Diagnostic et traitement du syndrome de Cushing

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’un syndrome de Cushing Devant la présence de certains symptômes caractéristiques d’un syndrome de Cushing, les médecins peuvent prescrire divers examens médicaux pour confirmer et rechercher l’origine du trouble :

  • L’analyse d’urines sur 24h. Le patient doit récolter la totalité des urines produites sur 24h dans un récipient (fournis par le laboratoire, l’hôpital ou la pharmacie) et le déposer pour analyse dès la récolte terminée ;
  • L’analyse de la salive ;
  • L’analyse sanguine. Divers protocoles existent, par exemple le test de freinage au Dectancyl®, le test au Minirin® ou encore le test au Synacthène® qui visent à stimuler ou freiner la production de certaines hormones pour déterminer l’origine de l’excès de cortisol ;
  • L’IRM pour étudier la région hypophysaire ou surrénalienne ;
  • Le scanner (ou TDM) en cas de contre-indication de l’IRM.

Quel traitement ?

La prise en charge d’un syndrome de Cushing varie selon son origine et les symptômes du patient.

À savoir ! Le pronostic d’un syndrome de Cushing diagnostiqué et traité à temps est favorable

Le traitement de première intention est généralement la chirurgie (retrait d’un adénome ou d’une tumeur).

L’ablation des surrénales est une alternative qui permet de corriger l’excès de cortisol immédiatement et dans tous les cas, mais qui nécessite l’instauration d’un traitement hormonal de substitution à vie.

Enfin, un régime riche en protéines et en potassium est conseillé.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Syndrome de Cushing. larousse.fr. Consulté le 16 février 2021.
– Qu’est-ce que le syndrome de Cushing ? sfendocrino.org. Consulté le 16 février 2021.
– Syndrome de Cushing (Cushing’s Syndrome) msdmanuals.com. Consulté le 16 février 2021.
– SYNDROME DE CUSHING : UN EXCÈS D’HORMONES GLUCOCORTICOÏDES concilio.com. Consulté le 16 février 2021.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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