Hypoxie

Une hypoxie est une diminution de la concentration d’oxygène dans le sang. Elle peut se traduire par un essoufflement et une douleur thoracique, et entraîner divers dysfonctionnements au niveau de plusieurs organes comme le cerveau ou les poumons. Une hypoxie peut survenir ponctuellement ou en continue, dans un contexte particulier ou pathologique. Qu’elle soit locale ou généralisée, cette affection nécessite une prise en charge médicale adéquate pour éviter la survenue de complications. Le diagnostic est clinique, mais confirmé par une analyse sanguine appelée gaz du sang. La prise en charge de l’hypoxie consiste d’abord à traiter la maladie en cause, s’il y en a une, puis à oxygéner le patient.

Définition et symptômes d’une hypoxie

Qu’est-ce qu’une hypoxie ?

sommet d'une montagne enneigé

L’hypoxie est un terme médical désignant un manque d’apport en oxygène dans les tissus de l’organisme.

À savoir ! Le terme hypoxémie est souvent utilisé à la place d’hypoxie, mais ce sont deux choses différentes. L’hypoxémie se manifeste lorsque la quantité d’oxygène dans le sang est inférieure à la normale, tandis que l’hypoxie fait référence au manque d’oxygène dans les tissus. Une hypoxie est la conséquence d’une hypoxémie.

L’apport en oxygène est assuré par la respiration via les poumons. L’appareil respiratoire est constitué des voies nasales, de la trachée et des deux poumons. Le rôle de ces derniers est de fournir de l’oxygène à notre organisme, tout en évacuant le dioxyde de carbone. Ils sont localisés dans la poitrine de part et d’autre du cœur.

Un poumon est divisé en plusieurs lobes, séparés les uns des autres par des cloisons appelées scissures. On compte deux lobes pour le poumon droit et trois pour le gauche. Chaque lobe contient les bronches, elles même constituées d’alvéoles (petites poches) reliées entre elles par les bronchioles. Les bronches sont connectées à la trachée.

Au cours de la respiration, l’air arrive donc par la trachée, passe dans les bronches puis les bronchioles et enfin les alvéoles. Une fois dans les alvéoles, le dioxygène contenu dans l’air inspiré traverse leur paroi pour aller dans le sang et être distribué à tout l’organisme. Dans le sens inverse, c’est le dioxyde de carbone qui circule, évacué par les cellules de l’organisme, il repasse via les alvéoles puis les bronches pour s’échapper de la trachée puis la bouche et le nez. On parle alors d’expiration.

Une hypoxie peut être rencontrée dans diverses pathologies, notamment respiratoires ou cardiaques. Elle peut affecter une partie du corps ou sa totalité. L’hypoxie survient lorsque l’apport en oxygène est trop faible par rapport au besoin cellulaire.

Il existe différentes hypoxies selon leur origine :

  • Tissulaire, lorsqu’il y a un apport insuffisant en oxygène par rapport aux besoins des tissus. Cette dernière est d’abord asymptomatique puis une escarre se développe ;
  • Cérébrale, qui implique une oxygénation insuffisante du cerveau. Lorsque ce dernier est totalement privé d’oxygène, on parle d’anoxie cérébrale ;
  • Fœtale, en cas de diminution de l’oxygénation du fœtus. L’hypoxie fœtale est généralement chronique, elle évolue sur plusieurs semaines ou mois. On parle de souffrance fœtale chronique.

On parle également d’hypoxie :

  • Hypoxique, lorsque l’oxygène ne circule pas comme il le devrait entre les poumons et la circulation sanguine. La quantité d’oxygène dans le sang (ou hypoxémie) diminue. Elle peut être causée par l’altitude : en effet l’oxygène se raréfie à mesure que l’on s’élève. Le manque se fait ressentir aux alentours des 2 500 mètres d’altitude, et s’accentue progressivement : c’est le mal des montagnes. A noter qu’en avion, le phénomène d’hypoxie est évité grâce à la pressurisation des cabines, et les passagers peuvent donc respirer normalement. Une mauvaise ventilation des poumons en lien avec une pathologie pulmonaire (apnée du sommeil, BPCO, asthme, pneumonie, etc.) peut aussi en être à l’origine ;
  • Anémique, lorsque le sang ne transporte pas correctement l’oxygène. C’est le cas lorsque l’hémoglobine (transporteur sanguin de l’oxygène) est en quantité insuffisante à l’occasion d’une anémie. Une intoxication au monoxyde de carbone peut également en être responsable en saturant l’hémoglobine à la place de l’oxygène ;
  • Histotoxique, lorsque les tissus, bien que correctement approvisionnés en oxygène, ne sont pas capables de bien l’utiliser, généralement à cause d’une exposition à un toxique (tabac, alcool, drogue, etc.) ;
  • Circulatoire, dans le cas où les tissus ne sont pas bien approvisionnés en oxygène à cause d’un problème cardiaque par exemple.

L’hypoxie peut être continue, intermittente, chronique, normobarique (lorsque la pression ambiante est similaire au niveau de la mer) ou hypobarique (liée à une réduction de la pression, par exemple en altitude).

Quels symptômes ?

Une hypoxie se traduit souvent par :

  • Une tachycardie, ou accélération du rythme cardiaque ;
  • Une fatigue ;
  • Des maux de tête ;
  • Une hyperventilation, autrement dit, une accélération de la respiration ;
  • Une cyanose, ou coloration bleutée de la peau ;
  • Une désorientation ;
  • Des troubles cognitifs ;
  • Etc…

Une hypoxie sévère peut être responsable d’un coma, voire du décès du patient. En effet, le cerveau est particulièrement sensible au manque d’oxygène, des lésions irréversibles peuvent survenir en cas de privation prolongée.

A noter ! Le trouble peut engendrer des adaptations parfois recherchées par les athlètes. En effet, un organisme exposé à des conditions hypoxémiques peut s’adapter en augmentant la ventilation, la fréquence cardiaque et le débit sanguin. En cas d’hypoxémie prolongée, la production d’hémoglobine peut être augmentée afin d’optimiser la capacité de transport de l’oxygène par le sang. A noter que certains sportifs de haut niveau utilisent l’exposition à l’hypoxie comme méthode d’amélioration de leurs performances physiques. Cependant, des effets négatifs peuvent en découler : anomalies vasculaires, inflammation, voire même mort cellulaire. La prise en charge dépend de l’origine et de la gravité de l’hypoxie.

Diagnostic et traitement de l’hypoxie

Quel diagnostic ?

tube à oxygène nasal

Le diagnostic est d’abord clinique, devant la présence de certains signes caractéristiques ou dans certaines conditions particulières (par exemple la plongée, ou l’alpinisme).

Une hypoxie peut être confirmée par la réalisation d’un examen médical appelé « gaz du sang ». Ce dernier consiste à prélever du sang au niveau des artères du bras afin de mesurer la pression des gaz sanguins (oxygène et dioxygène) et du pH sanguin.

Quel traitement ?

La prise en charge dépend de la cause et de la gravité de l’hypoxie. Elle repose en première intention sur le traitement de la cause (AVC, infarctus du myocarde, par exemple).

Une hypoxie est très souvent prise en charge par une oxygénothérapie. L’objectif est de rétablir un taux satisfaisant d’oxygène dans le sang. Le gaz est administré par un dispositif type lunette à oxygène, sonde nasale ou masque à oxygène.

A noter ! Dans certains cas graves, où les poumons ne permettent pas l’apport en oxygène, une circulation extracorporelle peut être mise en place.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources

– L’hypoxie. HP2. Consulté le 7 décembre 2020.
– Hypoxie. Larousse. Consulté le 7 décembre 2020.