urgence grossesse

La plupart des grossesses se déroulent sans aucun problème particulier jusqu’à l’accouchement. Néanmoins, il est important que les femmes enceintes connaissent un certain nombre de signes d’urgence pour lesquels elles doivent consulter rapidement. Ces situations peuvent survenir tout au long de la grossesse et sont très variées, des contractions, des saignements, une perte de liquide, un traumatisme, un malaise, etc. Cette fiche regroupe les principaux contextes dans lesquels une femme enceinte doit impérativement consulter le corps médical.

Grossesse et signes d’urgence

La grande majorité des grossesses se déroulent sans évènement particulier jusqu’à l’accouchement, au rythme des consultations de suivi médical et des échographies obstétricales.

Cependant, tout au long des neufs mois de la grossesse, divers événements peuvent survenir, qui doivent alerter la femme enceinte. Selon les cas, elle doit consulter rapidement un médecin ou une sage-femme, voire contacter ou se rendre aux urgences obstétricales de la maternité.

Ces situations sont très variées et peuvent survenir soit tout au long de la grossesse, soit à des moments bien déterminées. Parmi ces situations, figurent principalement :

  • La grossesse extra-utérine ;
  • La fausse couche ;
  • Les chutes et les traumatismes ;
  • La fièvre ;
  • Les malaises ;
  • Les saignements ;
  • La perte de liquide amniotique ou perte des eaux, ou fissure de la poche des eaux ;
  • Les contractions ;
  • Des mouvements anormaux du fœtus.

À savoir ! La plupart de ces situations sont abordées par les sages-femmes dans le cadre de la préparation à l’accouchement, mais certaines peuvent survenir avant le 7ème mois.

Pour ces différentes situations, et selon leur degré de gravité, la femme enceinte dispose de plusieurs recours :

  • Consulter son médecin traitant ;
  • Consulter la sage-femme ou le gynécologue qui assure son suivi obstétrical ;
  • Contacter les urgences de la maternité, qui sont ouvertes 24h/24 et 7j/7 ;
  • Se rendre aux urgences les plus proches ;
  • Appeler les services de secours (pompiers 18, ou SAMU 15, ou numéro d’urgence 112).

Au moindre doute, il est toujours préférable de consulter pour s’assurer que la grossesse se déroule bien, et que la femme enceinte, comme le fœtus, sont en bonne santé.

La grossesse extra-utérine

La grossesse extra-utérine constitue l’un des principaux signes d’urgence du début de la grossesse. Elle concerne environ 2 % des grossesses. Dans ce type de grossesse, l’embryon, au lieu de se développer dans la cavité utérine, débute son développement à l’extérieur de l’utérus. L’embryon s’implante alors :

  • Au niveau de l’une des trompes de Fallope, le plus souvent ;
  • Beaucoup plus rarement sur l’un des deux ovaires ;
  • Exceptionnellement sur le péritoine (membrane entourant la cavité abdominale).

La grossesse extra-utérine constitue une urgence médicale, en raison du risque d’une hémorragie interne grave, susceptible de mettre en jeu le pronostic vital de la femme enceinte. Elle ne doit pas être confondue avec une fausse couche, et nécessite une prise en charge médicale immédiate.

Plusieurs facteurs de risque sont connus pour la grossesse extra-utérine, parmi lesquels :

La grossesse extra-utérine se manifeste généralement par des pertes de sang brunâtre et des douleurs vives dans le bas du ventre survenant au début de la grossesse. Ce type de symptômes doit amener à consulter immédiatement un médecin pour confirmer le diagnostic et instaurer le traitement adapté.

La fausse couche

La fausse couche correspond à une interruption spontanée de la grossesse, qui peut survenir au cours des 5 premiers mois de la grossesse (avant la 22ème semaine d’aménorrhée). Selon le moment de survenue de la fausse couche, les spécialistes distinguent :

  • La fausse couche précoce, avant la 14ème semaine d’aménorrhée ;
  • La fausse couche tardive, entre 14 et 22 semaines d’aménorrhée.

La fausse couche se manifeste par les symptômes suivants :

  • Des saignements vaginaux en début de grossesse ;
  • Des douleurs dans le bas du ventre.

La survenue de tels symptômes doit amener à consulter immédiatement un médecin, pour s’assurer de l’absence d’une grossesse extra-utérine, confirmer l’arrêt de la grossesse, et éventuellement mettre en place un traitement adapté, si nécessaire.

Les chutes et les traumatismes

Le fœtus se développe dans un environnement protégé, grâce à :

  • La poche des eaux, contenant le liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus ;
  • La paroi de l’utérus ;
  • La paroi abdominale maternelle.

Toutefois, la survenue d’une chute, surtout si la hauteur de la chute est importante, ou d’un traumatisme corporel, en particulier au niveau de l’abdomen ou du bas du ventre, peut affecter le fœtus. Ces situations peuvent notamment se produire en cas de :

  • Chutes involontaires ;
  • Coups et blessures volontaires ;
  • Accidents de la voie publique ;
  • Accidents domestiques ;
  • Accidents du travail.

Même si le choc n’apparaît pas forcément violent ou important, il est prudent de consulter rapidement un médecin pour s’assurer que le fœtus et la poche des eaux n’ont pas été affectés par le traumatisme. Une échographie obstétricale est souvent recommandée. Le risque est d’autant plus important que le terme de la grossesse est proche. Dans les cas les plus graves, le pronostic vital de la mère et de l’enfant peut être engagé, notamment en cas de rupture de l’utérus.

La fièvre et les infections

Les infections bénignes de la vie quotidienne, comme les rhumes, les rhinopharyngites ou les gastro-entérites, peuvent également survenir au cours de la grossesse. Elles ne présentent le plus souvent aucun critère particulier de gravité chez les femmes enceintes.

Cependant, la fièvre chez une femme enceinte nécessite de consulter un médecin pour déterminer précisément son origine. En effet, certaines infections peuvent entraîner de graves complications obstétricales ou néonatales, en particulier :

  • La pyélonéphrite, une infection urinaire compliquée, dont les symptômes sont souvent trompeurs. La survenue d’une fièvre impose systématiquement la réalisation d’un ECBU (examen des urines) pour s’assurer de l’absence d’une telle infection.
  • La listériose, qui se manifeste par un syndrome grippal, peut entraîner une mort fœtale dans 25 % des cas.
  • La chorioamniotite, infection du placenta et du liquide amniotique, est particulièrement grave pour le fœtus.

Ces infections doivent être diagnostiquées au plus vite pour être traitées immédiatement.

Par ailleurs, une infection et la fièvre associée peuvent provoquer des contractions, qui nécessitent d’être évaluées par un professionnel de santé.

Les malaises

Des malaises vagaux peuvent survenir au cours de la grossesse. Ils sont généralement consécutifs à une baisse de la tension artérielle, physiologique chez la femme enceinte. Il n’est systématiquement recommandé de consulter en cas de malaise vagal, sauf si les épisodes se répètent. Le repos peut être nécessaire pour limiter les conséquences d’une tension artérielle un peu faible.

En dehors du malaise vagal, la femme enceinte doit être vigilante à la survenue de tout signe anormal, tel que :

  • Un mal de tête persistant sur plusieurs jours et particulièrement douloureux ;
  • Des troubles visuels ;
  • Des troubles auditifs ;
  • Un gonflement brutal du visage, des doigts ou des jambes (œdème) ;
  • Des vomissements importants ;
  • Des démangeaisons sur l’ensemble du corps ;
  • De fortes douleurs abdominales.

Face à de tels signes ou devant tout autre signe anormal, il est conseillé de consulter rapidement un médecin pour en rechercher l’origine. Certaines complications de la grossesse, comme l’hypertension artérielle ou le diabète gestationnel peuvent provoquer des signes anormaux. Elles doivent impérativement être dépistées pour être prises en charge et éviter leur aggravation ou le développement d’autres complications, comme la pré-éclampsie.

Les saignements

Les saignements vaginaux au cours de la grossesse représentent toujours une source de stress pour les femmes enceintes. Ils peuvent avoir plusieurs origines, en fonction du terme de la grossesse :

  • En début de grossesse :
    • Des saignements légers et brefs au moment de la nidation de l’embryon dans l’utérus ;
    • Des saignements liés à une grossesse extra-utérine ;
    • Des saignements liés à une fausse couche ;
    • Un décollement placentaire, qui régresse le plus souvent avec un traitement adapté ;
  • Tout au long de la grossesse :
    • Des règles anniversaires (saignements mensuels aux dates où devraient théoriquement survenir les règles) ;
    • Des saignements après les rapports sexuels ;
    • Des saignements après un toucher vaginal ;
  • En fin de grossesse :
    • La perte du bouchon muqueux (amas de sécrétions vaginales) parfois accompagné d’un faible saignement ;
    • Des faibles saignements accompagnant les contractions ;
    • Une hémorragie liée à un hématome rétroplacentaire et à un placenta praevia, deux complications gravissimes de la grossesse, qui nécessitent une prise en charge en urgence.

Certains saignements, comme les règles anniversaires ou la perte du bouchon muqueux, sont sans gravité, tandis que d’autres, comme une hémorragie, nécessitent une prise en charge en urgence. Dans tous les cas, il est conseillé de consulter rapidement un médecin ou une sage-femme, pour déterminer l’origine de ces saignements et mettre en place un traitement si nécessaire.

La perte des eaux

Le fœtus se développe dans la cavité amniotique, appelée communément la poche des eaux, remplie de liquide amniotique. La perte des eaux correspond à la déchirure de la poche des eaux, qui entraîne un écoulement plus ou moins important de liquide amniotique par voie vaginale. Dans certains cas, la poche des eaux n’est que fissurée, et l’écoulement de liquide est très faiblement perceptible. A l’inverse, lorsque la poche des eaux est franchement rompue, le liquide amniotique peut s’écouler en grandes quantités très rapidement.

Si l’écoulement de liquide amniotique est important, la femme enceinte ne rencontre aucune difficulté à identifier la perte des eaux. Cette perception est en revanche beaucoup plus délicate en cas de simple fissure de la poche des eaux.

Dans tous les cas, la perte d’un liquide par voie vaginale, même en petites quantités, doit amener à consulter une sage-femme, un gynécologue ou la maternité. Il existe un test fiable et rapide, qui permet de s’assurer que le liquide correspond ou non à du liquide amniotique.

La fissure ou la rupture de la poche des eaux annonce en fin de grossesse un accouchement proche, mais elle peut également survenir beaucoup plus précocement au cours de la grossesse. Dans tous les cas, une consultation est nécessaire :

  • Pour identifier la nature du liquide perdu ;
  • Pour vérifier l’état de santé de la femme enceinte et du fœtus ;
  • Pour s’assurer de l’absence d’infections.

Le percement de la poche des eaux, même une simple fissure, peut exposer le fœtus à un risque d’infection, potentiellement grave. De plus, la perte des eaux provoque souvent des contractions. Une prise en charge adaptée est nécessaire, en fonction du stade de la grossesse.

Les contractions

Les contractions sont pour la plupart des femmes enceintes synonymes d’accouchement. Mais elles recouvrent en réalité plusieurs types de contractions :

  • Les fausses contractions, également appelées les contractions de Braxton-Hicks. Indolores, souvent passagères, irrégulières, elles peuvent survenir dès le 4ème mois de grossesse et résultent de l’augmentation progressive de volume de l’utérus et du développement du fœtus. Elles peuvent se reproduire 10 à 15 fois par jour, surtout en fin de journée si la femme enceinte est fatiguée. Ces contractions sont physiologiques et le plus souvent sans conséquences. Elles doivent néanmoins être signalées à l’équipe médicale et surveillées, en particulier si elles sont très nombreuses, sur plusieurs jours, et surviennent même au repos.
  • Les vraies contractions, préparatrices de l’accouchement, apparaissent généralement au dernier mois de la grossesse, avec une intensité douloureuse croissante jusqu’à la délivrance. Elles entraînent la dilatation du col de l’utérus. Leur fréquence et leur régularité augmentent et déterminent le moment où la femme enceinte doit se rendre à la maternité. Si la douleur devient difficilement supportable, la femme enceinte doit se rendre rapidement aux urgences de la maternité.

Des mouvements anormaux du fœtus

Vers 16 à 18 semaines de grossesse, les mouvements du fœtus deviennent progressivement perceptibles par la femme enceinte. A partir de ce moment, la femme enceinte ressent régulièrement les mouvements normaux du fœtus, et ce jusqu’à la fin de la grossesse. Progressivement, les mouvements sont ressentis de plus en plus fortement jusqu’au dernier mois où le fœtus bouge un peu moins, faute de place dans l’utérus.

Une femme enceinte doit ressentir des mouvements fœtaux plusieurs fois par jour. Si les mouvements se font plus rares ou moins amples, ou apparaissent anormaux sur plusieurs heures, il est nécessaire d’essayer de stimuler le fœtus, en parlant ou en touchant le ventre, en changeant de position ou en buvant une boisson sucrée.

Si ces stimulations restent inefficaces, il est nécessaire de se rendre à la maternité pour une échographie et un monitoring, afin de vérifier la réactivité du fœtus.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Urgences en gynécologie obstétrique. CHRU de la région Ouest. 2005.
– Traumatismes abdomino-pelviens de la femme enceinte. L. Cravello. Collège PACA de Médecine d’Urgence. 23 mars 2006.
– Item 17 : Principales complications de la grossesse. Fièvre pendant la grossesse. Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. 2010-2011.
– Les saignements pendant la grossesse. Eureka Santé. VIDAL. 10 septembre 2014.
– Perte des eaux : ce que vous devez savoir. Pharmacien Giphar. 17 avril 2015.
– Fausse couche. AMELI Santé. 6 mars 2018.
– Quand venir aux urgences de la maternité ? Ahn-Chi Ton, Sage-femme. Consulté le 25 octobre 2018.
– La grossesse extra-utérine, une véritable urgence. Harmonie Prévention. Consulté le 25 octobre 2018.