Femme atteinte de perlècheDéfinitions et symptômes de la perlèche

Qu’est-ce que c’est  ?

La perlèche, dont le nom médical est la chéilite angulaire, correspond à une infection cutanée de type intertrigo, située au niveau de la commissure des lèvres. Généralement, elle touche les deux commissures à la fois (forme bilatérale), mais peut rester localisée à un seul côté (forme unilatérale). Dans la majorité des cas, l’agent pathogène en cause est une levure, un champignon microscopique du genre Candida, majoritairement Candida albicans. La perlèche est donc le plus souvent une forme de candidose cutanée. Néanmoins, la perlèche peut plus rarement être provoquée par des bactéries, notamment :

  • Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus), qui se trouve naturellement dans la partie antérieure des narines ;
  • Des streptocoques ;
  • La bactérie Pseudomonas aeruginosa;
  • Une syphilis secondaire.

Parfois, plusieurs agents pathogènes peuvent être impliqués simultanément ou successivement dans le développement de la perlèche.

La perlèche se développe à la commissure des lèvres, qui constitue un milieu chaud et humide, propice à la prolifération des levures de type Candida, qui sont naturellement présentes dans les flores intestinales et vaginales de l’organisme. La perlèche peut s’accompagner d’autres formes de candidoses, notamment une candidose buccale, dont la forme la plus commune est le muguet.

Schéma pour montrer ou se trouve la perlèche

Attention ! La perlèche peut se transmettre facilement d’une personne à une autre. La transmission peut se faire par les mains, par la bouche ou par le contact avec des objets contaminés.

Si toute la population peut présenter à un moment ou un autre de sa vie une perlèche, certains facteurs peuvent favoriser le développement de cette infection, en particulier toutes les situations qui favorisent soit le développement des levures de type Candida, soit l’humidité des commissures des lèvres :

  • L’âge, car chez les personnes âgées, se produit fréquemment un écoulement permanent de salive favorisant l’humidité de la commissure des lèvres ;
  • Des traumatismes lors de soins dentaires ou d’interventions chirurgicales au niveau de la cavité buccale ;
  • La prise de certains médicaments, comme les antibiotiques, les corticoïdes inhalés, les rétinoïdes locaux, certaines classes d’antihypertenseurs, les médicaments de chimiothérapie et les immunosuppresseurs ;
  • La grossesse ;
  • La prise d’une contraception orale ;
  • L’obésité ;
  • Certaines maladies systémiques, comme le diabète, la maladie de Crohn, l’anorexie mentale ou le syndrome de Down (trisomie 21) ;
  • Certaines maladies dermatologiques chroniques, comme la dermatite atopique, le psoriasis ou l’eczéma de contact ;
  • Le port d’un appareil dentaire ou une mauvaise hygiène bucco-dentaire ;
  • Le port d’un masque ;
  • La sécheresse buccale, notamment associée au syndrome de Gougerot-Sjögren ;
  • Des déficits ou carences nutritionnels, comme la carence en vitamines (A, groupe B, …) ou en fer ;
  • L’habitude de s’humidifier les lèvres, par exemple les enfants qui ont tendance à se lécher les lèvres régulièrement (tic de léchage) ;
  • L’habitude de sucer son pouce, chez les enfants ;
  • La consommation excessive et régulière d’aliments ou de boissons riches en sucres rapides.

À savoir ! Généralement, les perlèches bactériennes touchent préférentiellement les jeunes adultes, tandis que les perlèches fongiques sont plus fréquentes chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les sujets atteints de trisomie

Quels symptômes ?

L’infection des commissures des lèvres dans la perlèche provoque différents symptômes caractéristiques, tels que :

  • Des signes d’inflammation associant une rougeur, une chaleur de la peau et des douleurs au niveau de la zone cutanée infectée ;
  • Des saignements fréquents ;
  • Des ulcérations (lésions cutanées), des croûtes ou des fissures des lèvres ;
  • Des lèvres sèches ;
  • Un inconfort, notamment au moment d’ouvrir la bouche.

Les signes cliniques de la perlèche varient selon le type d’agent pathogène en cause.

Sans traitement, l’évolution de la perlèche peut provoquer une atteinte du vermillon des lèvres, voire des zones cutanées du pourtour de la bouche. La perlèche est considérée comme sévère, en cas d’atteinte associée de la cavité buccale.

Diagnostic et traitements de la perlèche

Le diagnostic de la perlèche

diagnostic médicalIl est généralement posé par le médecin généraliste, après une auscultation et l’observation des signes cliniques caractéristiques de la perlèche. Les facteurs favorisants de l’infection sont recherchés pour déterminer l’agent pathogène en cause. Si nécessaire en cas de doute, des examens microbiologiques (cultures de prélèvements) ou sérologiques (recherche d’anticorps présents dans le sang) peuvent être prescrits pour confirmer l’origine de la perlèche. De même, des dosages sanguins peuvent être nécessaires pour révéler une pathologie favorisante ou des carences nutritionnelles.

Le médecin recherche par ailleurs une atteinte associée de la cavité buccale, par un examen attentif de l’ensemble de la cavité buccale, pour évaluer la gravité de l’infection.

La perlèche ne constitue pas une urgence médicale, mais elle nécessite une consultation pour instaurer un traitement adapté avant que l’infection ne s’étende vers la cavité buccale ou d’autres zones cutanées. Dans la majorité des cas, aucun examen complémentaire n’est réalisé pour confirmer le diagnostic. L’âge du patient et son état de santé suffisent à orienter vers l’origine bactérienne ou fongique de la perlèche. Les examens microbiologiques sont généralement réservés aux patients présentant un échec thérapeutique après l’instauration d’un premier traitement.

Quels traitements ?

femme qui s'applique une crème sur sa perlècheLe traitement de la perlèche est médicamenteux et consiste à traiter l’infection par des médicaments ciblant spécifiquement l’agent pathogène responsable. Différents médicaments peuvent être prescrits :

  • Des médicaments antifongiques locaux, parfois oraux en cas de formes sévères ;
  • Des médicaments antibiotiques locaux, parfois associés à des corticoïdes ;
  • L’application de solutions désinfectantes sur le pourtour des lèvres (antisepsie locale), voire de produits asséchants

Par ailleurs, d’autres mesures thérapeutiques sont nécessaires au cas par cas, en parallèle des traitements médicamenteux :

  • L’instauration d’un protocole de désinfection des prothèses dentaires ;
  • Des soins dentaires spécifiques, en cas de récidives fréquentes de perlèche ;
  • La correction des facteurs favorisant l’humidité des lèvres ;
  • La correction éventuelle des carences nutritionnelles ;
  • L’instauration ou le maintien d’une bonne hygiène bucco-dentaire ;
  • Le rinçage systématique de la bouche et la gargarisation avec de l’eau après la prise de corticoïdes inhalés.

Généralement, il faut compter de quelques jours à quelques semaines pour une guérison totale des lésions cutanées. Pour prévenir les récidives chez les sujets à haut risque, un traitement spécifique des réservoirs d’agents pathogènes peut être indiqué :

  • Le réservoir buccal pour les levures de type Candida;
  • Le réservoir nasal pour le staphylocoque doré.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Perlèche (ou chéilite angulaire). guide.hpci.ch. Consulté le 18 février 2021.
– Perlèche : une candidose au coin des lèvres. lamutuellegenerale.fr. Consulté le 18 février 2021.
– PERLÈCHE. therapeutique-dermatologique.org. Consulté le 18 février 2021.