Une rupture d’anévrisme (ou anévrysme) est une urgence absolue en médecine. Un anévrisme est défini comme étant une dilatation anormale de la paroi d’une artère. Une petite poche se forme alors et peut se rompre à tout moment : c’est la rupture d’anévrisme. Cette pathologie est grave. Elle peut engendrer le décès du patient ou être à l’origine de très lourdes séquelles.

Artère cérébrale concernée par la rupture d’anévrisme

Définition de la rupture d’anévrisme

Qu’est-ce qu’un anévrisme ?

Un anévrisme est une dilatation localisée sur un vaisseau sanguin. Il peut se former à différents endroits. Les localisations les plus fréquentes sont le cœur (au niveau de l’aorte) et le cerveau.

Un anévrisme cérébral affecte donc une artère cérébrale à l’intérieur du crâne. La paroi d’une artère cérébrale est constituée de plusieurs couches :

  • Une couche fine profonde (l’intima) qui permet les échanges entre le sang et le tissu cérébral. Elle n’est pas très résistante à la pression sanguine ;
  • Une couche plus épaisse et résistante qui contient des fibres musculaires et des fibres élastiques (la média) ;
  • Une couche externe (l’adventice) constituée de tissu conjonctif.

Un anévrisme se forme à un endroit de la paroi artérielle où la seconde couche plus robuste est manquante. Les raisons de cette absence sont encore floues, plusieurs théories sont à l’étude. Il semblerait que des facteurs congénitaux, voire héréditaires interviennent. A partir d’une zone de « faiblesse » de la paroi d’un vaisseau (autrement dit où la média manque), la couche mince forme une hernie sous la force exercée par la pression artérielle dans le vaisseau.

Un anévrisme est constitué de deux parties : une poche appelée « sac anévrismal » à l’intérieur duquel le sang sous pression circule en tourbillonnant bien que la paroi soit très mince et fragile, et d’un « collet » qui représente la zone liant l’artère et le sac.

Au fil du temps, la forme et la taille (quelques millimètres à plusieurs centimètres) d’un anévrisme peuvent évoluer. Dans la majorité des cas, les anévrismes cérébraux sont localisés sous la base du cerveau, et au contact d’une bifurcation de l’artère.

Qu’est-ce qu’une rupture d’anévrisme ?

On découvre le plus souvent la présence d’un anévrisme de manière brutale lorsque celui-ci se rompt. A force d’à-coups de la pression sanguine générés par les battements du cœur, la paroi très fine et fragile du sac de l’anévrisme finit par se rompre. Cet événement entraîne une hémorragie intracrânienne. On parle alors d’accident vasculaire cérébral de type hémorragique.

À savoir ! Il faut différencier les AVC ischémiques et hémorragiques. Un AVC ischémique est provoqué par l’obstruction d’une artère par un dépôt ou un caillot de sang à l’origine d’une privation d’oxygène d’une partie du cerveau. L’AVC hémorragique est quant à lui provoqué par la rupture de la paroi d’un vaisseau sous la pression sanguine. Les AVC ischémiques représentent la majorité des AVC.

L’hémorragie peut se limiter à du sang répandu dans les espaces entourant le cerveau sans destruction cérébrale : c’est l’hémorragie méningée. Dans d’autres cas, en revanche, la forte pression sanguine entraîne des dégâts cérébraux ou entraîne la formation d’un gros hématome comprimant et détruisant le tissu cérébral. On parle alors d’hémorragie cérébro-méningée.

À savoir ! Il existe un certain nombre d’individus qui vivent toute leur vie avec un anévrisme sans que celui-ci ne se rompe ou n’engendre de symptômes. De plus en plus, ce type d’anévrisme est découvert de manière fortuite à l’occasion d’un examen radiographique pour une autre raison.

Quelle est la fréquence de cette affection dans la population ?

Les individus porteurs d’anévrisme sont fréquents. On estime qu’entre 1 et 5% de la population française serait porteuse d’un anévrisme intracrânien.

Par ailleurs, il existerait même dans 10 à 20% des cas d’anévrisme, plusieurs anévrismes sur une même personne. Dans un pourcentage plus faible, on parle même de formes familiales. Cependant, dans la grande majorité des cas, les anévrismes sont attribuables à une malformation congénitale non héréditaire. Ce dernier type d’anévrisme est particulièrement fréquent chez les patients atteints de certaines pathologies (polykystoses rénales, dysplasies artérielles, etc.).

Certaines personnes semblent toutefois plus à risque de développer un anévrisme :

  • Les individus souffrant d’obésité ou de diabète ;
  • Les patients atteints d’hypertension artérielle ;
  • Les individus présentant un excès de cholestérol ;
  • Le tabagisme et l’alcoolisme chronique ;
  • Les personnes ayant eu un traumatisme crânien ou une lésion importante au niveau du thorax ;
  • Les personnes âgées ;
  • Les individus qui ont des antécédents familiaux d’anévrisme ou souffrant de certaines pathologies connues pour être fréquemment associées à un anévrisme.

Symptômes

Quels sont les symptômes engendrés par la présence d’un anévrisme ?

Un anévrisme n’est associé à aucun symptôme particulier pendant des mois ou des années voire même toute une vie. En effet, dans la grande majorité des cas, c’est la rupture de l’anévrisme qui provoque des symptômes.

Parfois, lorsque l’anévrisme devient volumineux, les symptômes apparaissent et prédisent alors une rupture imminente. En cas, d’anévrisme cérébral, certains symptômes peuvent faire soupçonner sa présence :

  • Maux de tête inhabituels ;
  • Fatigue ;
  • Troubles de l’équilibre, de l’audition, de la vision ou paralysie partielle ;
  • Difficultés d’élocution temporaires ;
  • Douleur au niveau de la nuque ;
  • Confusion, désorientation temporaire ;
  • Pupilles dilatées ;
  • Nausées ou vomissements.

Quels sont les symptômes lors d’une rupture d’anévrisme ?

Les symptômes dépendent directement de la gravité des lésions provoquées par l’hémorragie. Ils peuvent aller de simples maux de tête au décès brutal en passant par un syndrome méningé (méningite sans fièvre), un coma avec ou sans paralysie.

Dans tous les cas, la survenue des symptômes, quoiqu’ils soient, est brutale. On estime que seulement 50% des patients souffrant de rupture d’anévrisme arrivent vivants à l’hôpital. Par ailleurs, 1 tiers d’entre eux sont dans un état gravissime, ou vont présenter de graves complications.

Finalement, 1 tiers des patients présentant une rupture d’anévrisme sortira vivant et en bonne santé de l’hôpital. Ces statistiques sont la preuve de la nécessité de traiter les anévrismes avant leur rupture.

Diagnostic

Le diagnostic d’une rupture d’anévrisme repose à la fois sur la présence des symptômes caractéristiques et sur des examens d’imagerie (IRM, scanner) permettant de visualiser l’hémorragie. Une ponction lombaire peut également compléter le diagnostic.

L’artériographie est un examen complémentaire permettant de visualiser avec précision l’hémorragie et d’évaluer l’état des autres vaisseaux cérébraux.

Traitement

Le traitement des anévrismes est chirurgical. L’objectif est d’empêcher la rupture lorsque l’anévrisme a été découvert par hasard, ou, en cas de rupture, d’éviter les récidives.

Traitement d’un anévrisme (avant sa rupture)

Lorsqu’un anévrisme non rompu est diagnostiqué, la décision de son traitement ou non revient au neuroradiologue et au neurochirurgien. Cette décision dépend d’un certain nombre de caractéristiques comme la taille et la localisation de l’anévrisme, l’âge et l’état de santé du patient, les risques chirurgicaux, etc.

Prise en charge d’une rupture d’anévrisme

Une rupture d’anévrisme nécessite une prise en charge en urgence. En effet, le risque de resaignement est très important, particulièrement dans les premiers jours qui suivent l’hémorragie.

Le traitement permet de limiter les répercussions de l’hémorragie et ses complications et d’éviter une récidive. Il repose sur la mise à l’écart de l’anévrisme de la circulation sanguine. Deux méthodes peuvent être employées : la chirurgie ou le traitement endovasculaire.

Le traitement chirurgical consiste à placer une petite pince (ou clip) au niveau du collet de l’anévrisme. Ainsi, le sang ne passe plus dans l’anévrisme et la taille de celui-ci diminue progressivement.

Le traitement endovasculaire consiste à insérer une fine sonde à l’intérieur d’une grosse artère afin de la faire cheminer jusqu’à l’anévrisme. Une fois sans l’anévrisme, la sonde délivre des petits ressorts en platine appelés « coils » qui vont en s’enroulant sur eux-mêmes venir totalement boucher l’anévrisme et l’isoler de la circulation sanguine.

Charline D., Pharmacien

– Anévrysme. Société française de Neurochirurgie. Consulté le 17 mai 2018.
– Anévrisme. Eurekasanté. Le 2 novembre 2011.