Cancer de l’endomètre

27 septembre 2019 par

Cancer de l'endometre

Le cancer de l’endomètre (ou de la paroi utérine) est le plus répandu dans les pays industrialisés connus pour leurs alimentations trop riches en graisses. Rien qu’au Etats-Unis, ce cancer affecte une femme sur cinquante, et occupe le 4ème rang parmi les cancers les plus fréquents.

Définition et symptômes du cancer de l’endomètre

Rappels anatomiquesCancer de l'endomètre

L’utérus est un organe creux en forme de poire. Il est situé dans la partie inférieure de l’abdomen féminin, entre la vessie et le rectum. La partie inférieure de l’utérus s’ouvre sur le vagin : c’est le col de l’utérus. La partie supérieure qui est plus large est le corps de l’utérus. Ce dernier communique avec les ovaires via les trompes de Fallope. Le corps utérin est constitué de deux couches de tissus : la couche interne appelée endomètre, et la couche externe, le myomètre.

Qu’est-ce qu’un cancer de l’endomètre ?

L’endomètre représente le revêtement interne de la paroi du corps utérin, au sein duquel se déroule la grossesse. On parle de cancer lorsqu’une cellule initialement normale se transforme et se multiplie de manière anormale jusqu’à former un amas cellulaire (tumeur).

Dans la majorité des cas, les cancers de l’endomètre se développent à partir d’une cellule localisée au niveau de l’épithélium de l’endomètre. Ceux sont les carcinomes.

En France, le cancer de l’endomètre est fréquent. En effet, c’est la 4ème cause de cancer chez la femme. Après le cancer du sein, celui de l’endomètre est le plus répandu parmi les cancers gynécologiques. En 2012, le nombre de nouveaux cas était estimé à 7275.

À savoir ! Le cancer de l’endomètre se manifeste généralement chez des femmes ménopausées qui ont entre 55 et 70 ans.

Quelle cause ?

Les causes des cancers de l’endomètre sont diverses : hormonales, génétiques, métaboliques (obésité, hypertension), médicamenteuses (tamoxifène).

Quel pronostic ?

Le pronostic du cancer de l’endomètre est d’autant moins favorable que la tumeur est étendue, de haute sévérité ou survenant chez un individu âgée.

Le cancer de l’endomètre est classé en plusieurs stades selon des critères histologiques (études des tissus atteints) et la capacité du cancer à s’étendre (l’extension est évaluée selon la profondeur des atteintes, l’atteinte cervicale et la présence de métastases extra-utérines).

Les taux de survie moyens à 5 ans après le diagnostic sont estimés entre :

  • 70 et 95% pour les stades 1 et 2 ;
  • 10 et 60% pour les stades 3 et 4.

En général, la survie à 5> ans, sans récidive, est d’environ 63%, tous stades confondus.

Quels symptômes ?

Un cancer de l’endomètre peut se traduire par diverses manifestations dont :

  • Des saignements vaginaux chez les femmes ménopausées ou des saignements en dehors des menstruations chez les femmes non ménopausées. On parle de métrorragies ;
  • Des saignements plus abondants pendant les menstruations, avec du sang rouge ou des caillots. Ceux sont des ménorragies. Elles peuvent être isolées ou associées à des métrorragies ;
  • Des pertes blanches (ou leucorrhées) souvent associées à des pertes de sang qui leur donne alors une coloration rosée ;
  • Des manifestations infectieuses, par exemple des douleurs abdominales, de la fièvre ou des cystites (infections urinaires).

A noter que ces symptômes ne sont pas spécifiques du cancer de l’endomètre. Il est cependant préférable de les signaler à son médecin, particulièrement après la ménopause.

À savoir ! Contrairement au cancer du col de l’utérus, il n’existe pour le cancer de l’endomètre aucun test de dépistage.

Diagnostic et traitement du Cancer de l’endomètre

Quel diagnostic ?

diagnostic
Un cancer de l’endomètre peut être recherché devant la présence de certains symptômes, notamment des saignements vaginaux après la ménopause ou en dehors des menstruations.

Les investigations sont poursuivies par la réalisation d’une échographie pelvienne afin de mettre en évidence une potentielle hypertrophie

(épaississement de l’endomètre). En cas d’hypertrophie détectée, une biopsie (prélèvement d’un échantillon d’endomètre pour l’analyser) est effectuée. C’est l’examen en laboratoire d’anatomopathologie de l’échantillon d’endomètre qui permet de confirmer le diagnostic du cancer de l’endomètre.

D’autres examens d’imagerie (IRM) sont pratiqués afin de déterminer le type de cancer, sa sévérité, la profondeur de la tumeur dans la paroi utérine, son éventuelle extension à d’autres tissus voisins ou plus éloignés.

Quel traitement

Le traitement à mettre en place dépend de chaque situation, autrement dit des caractéristiques du cancer. Afin de prendre la meilleure décision possible pour le patient, une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) est organisée. Elle regroupe un ensemble de médecins de spécialités différentes afin de statuer sur le traitement le plus adapté.

Il existe 4 types de traitement pour un cancer de l’endomètre :

La chirurgie

C’est le traitement principal. Cette méthode est généralement employée pour les tumeurs localisées ou localement avancées (c’est-à-dire limitées au corps de l’utérus, à l’utérus ou aux organes à proximité).  Elle implique une ablation de l’utérus, des ovaires et des trompes. On parle d’hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale.

A noter que l’hystérectomie entraîne à long terme un risque d’incontinence urinaire et de prolapsus (ou descente) vaginal. Par ailleurs, le retrait des ovaires chez une femme non ménopausée entraînera les manifestations de la ménopause (bouffées de chaleur, sautes d’humeur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, etc.).

La radiothérapie

Le plus souvent, la radiothérapie est utilisée en complément de la chirurgie (généralement après). Elle est employée seule lorsque la patiente ne peut pas être opérée ou pour certaines tumeurs plus étendues. Par ailleurs, la radiothérapie est utilisée selon deux techniques associées ou non : la curiethérapie (radiothérapie interne) ou la radiothérapie externe. Une curiethérapie pet être réalisée à l’occasion d’une hospitalisation d’environ 1 semaine ou en ambulatoire à raison de plusieurs fois par semaine. Elle consiste à placer la source radioactive au plus près de la tumeur via l’installation préalable de cathéter. La radiothérapie externe consiste à irradier la région concernée grâce à un appareil qui émet des rayons X. Cette dernière nécessite plusieurs séances quotidiennes réparties sur plusieurs semaines en ambulatoire. La radiothérapie externe peut entraîner divers effets indésirables à court terme (mictions douloureuses, diarrhée, brûlures) et à long terme (fragilité intestinale, besoins d’uriner plus fréquents, libido diminuée).

La chimiothérapie

Dans certains cas, la chimiothérapie peut être proposée pour compléter le traitement de certaines tumeurs localisées ou localement avancées. C’est, en effet, le traitement de référence des tumeurs avancées, particulièrement en cas de métastases. Elle peut être associée avec la radiothérapie ou l’hormonothérapie. Les effets indésirables les plus fréquents sont : la chute des cheveux, les nausées et vomissements, la fatigue, la diminution des cellules sanguines.

L’hormonothérapie

Une hormonothérapie repose sur le blocage des hormones qui stimulent la croissance tumorale. Cette dernière peut engendrer des bouffées de chaleur, des nausées, des troubles vaginaux, etc.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Cancer de l’endomètre : les traitements. Fondation ARC pour la recherche sur le cancer. Consulté le 16 Juillet 2019.
– Le cancer de l’endomètre. Institut national du cancer. Consulté le 16 août 2019.
– Le cancer de l’endomètre. Le manuel MSD. Consulté le 16 août 2019.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.