L’immunothérapie pour le cancer de la peau

May 24, 2016 par

Immunothérapie cancer de la peau

Une récente étude confirme de nouveau l’intérêt de l’immunologie dans le domaine de la cancérologie, cette fois-ci dans le cas du cancer de la peau, avec la molécule pembrolizumab. Santé sur le Net décrypte le phénomène.


Le mélanome cutané

Le mélanome, cancer de la peau, tient son nom des cellules via lesquelles il se développe : les mélanocytes. Il s’agit d’une tumeur maligne peu fréquente mais dont la gravité est importante. Ces cellules ont une forte capacité à métastaser, c’est-à-dire se multiplier. Il se manifeste par l’apparition d’une lésion sur la peau saine – le plus souvent pigmentée – ou lors de la modification de l’aspect d’un grain de beauté.

A savoir ! Le mélanome représente 2 à 3% des cancers, mais a une incidence qui augmente de 10% chaque année.

Ce cancer peut-être de bon pronostic lorsqu’il est détecté rapidement. Mais dans les cas avancés, c’est-à-dire en cas de situation métastasique, le pronostic est altéré. Dans ces cas précis, l’espérance de vie est de moins d’un an sans traitement. Avec les traitements classiques, comme la chimiothérapie, le taux de survie au bout de 3 ans est de 10 à 20%, ce qui reste médiocre.

Une étude clinique de phase III, dont les résultats récemment annoncés par l’American Society of Clinical Oncology, redonne de l’espoir dans les cas de cancer de la peau avec une nouvelle molécule : le pembrolizumab.


Rappel ! L’étude clinique de phase III est la dernière phase de test avant la demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un médicament. Elle permet d’évaluer le rapport bénéfice/risque d’un nouveau médicament, comparativement à un placebo ou à un autre médicament indiqué dans la pathologie en question. En savoir plus : Les grandes phases d’un essai clinique

L’immunothérapie en cancérologie

L’essai clinique financé par les laboratoires américains Merck a été réalisé sur 655 patients atteints de mélanomes avancés. Les résultats de cette étude montrent qu’au bout de 3 ans, 40% des patients sous pembrolizumab sont encore en vie (contre 10 à 20% pour la chimiothérapie) et 15 % sont en rémission complète, ce qui est une réelle avancée.

Le pembrolizumab, commercialisé sous le nom de Keytruda®, est un anticorps monoclonal humanisé. La cible de cet anticorps est une petite protéine appelée PD-1 initialement fixée sur les cellules du système immunitaire humain. A savoir, le rôle de PD-1 est d’empêcher toute réaction auto-immune. En bloquant cette protéine, le pembrolizumab va stopper l’action protectrice de PD-1 et permettre de booster la réponse immunitaire dirigée contre les cellules cancéreuses.

Si le pembrolizumab fait preuve de bons résultats, il présente de nombreux effets indésirables propres aux anticancéreux (fatigue, toux, nausée, rash cutané…). Une surveillance particulière est donc essentielle.

A savoir ! Le nombre de nouveaux cas de cancer est sans précédent. Sur l’année 2015, plus de 380.000 cancers ont été diagnostiqués.


Clémence R. Pharmacienne


Sources 

Mélanome cutané, Recommandations en pratique, Vidal Recos 2014

Points clés : mélanome, Institut national du cancer

L’épidémiologie : les données essentielles, Institut national du cancer

Skin cancer: Drug gives ‘40% melanoma survival’, James Gallagher, BBC News, 19 mai 2016

Immunotherapy for melanoma skin cancer, American cancer society, 20 mai 2016

Clémence R.
Pharmacienne.
Passionnée par la neuropsychiatrie et la e-santé.
Aime l’univers de la musique et de la photographie.
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